Les marcheurs candidats ou la drôle d'infanterie de monsieur Macron.

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  « Un Patchwork de marcheurs », Paris-Normandie dresse sous ce titre un rapide portrait des candidats de « En Marche »

A côté des vieux de la vieille qui ont déjà parcouru quelques cases du jeu de l’oie politique comme les deux Bruno, le grand et le petit, Bruno Le Maire et Bruno Questel, ce sont des nouveaux ou des presque nouveaux qui vont tenter de se faire élire en surfant sur la dynamique Macron. Cette dynamique sera-t-elle assez puissante pour que, comme on le disait autrefois, même un âne qui se mettrait « En Marche » soit élu ? Nul ne peut encore le prévoir…

En bon Ebroïcien je me suis d’abord intéressé aux candidats des deux circonscriptions qui concernent ma ville. Ils sont très différents l’un de l’autre.

 Il y a d’abord Bruno Le Maire, « En Marche » après que monsieur De Villepin lui ait fait faire ses premiers pas et que monsieur Debré lui ait tenu la main pour qu’il ne tombe pas. Il a vite appris et s’est mis à courir ensuite vers monsieur Sarkozy qui lui tendait les bras. Il s’est même imaginé plus rapide que lui, plus jeune plus neuf et il a prétendu le doubler. Il a trébuché et tenté de reprendre son équilibre sur l’épaule de monsieur Fillon. Il lui a fallu se calmer depuis, passant de la petite foulée à une marche prudente au côté de monsieur Macron.

Cela dit, parler de lui n’est pas très utile, et je ne comprends pas que la presse ne s’intéresse pas davantage  à madame Gipson qui est sa suppléante. En effet,  même si monsieur Le Maire était élu aux législatives, ce serait elle qui nous représenterait et siégerait à l’Assemblée. Quant à lui, il regagnerait aussitôt Bercy , et redeviendrait encore plus parisien à temps plein qu’il ne l’a été ces derniers mois.

 Il y a ensuite monsieur Gouttefarde. Il est nouveau dans le paysage, tout frais sorti de la Macronie , et de la circonscription d’à côté où il aurait peut-être été plus légitime puisqu’il y vit. Mais voilà, on ne fait pas toujours ce que l’on veut. Il fallait bien que son patron, monsieur Macron, laisse le champ libre à monsieur Le Maire dont il avait besoin comme marteau à briser la Droite.

Cela dit, monsieur Gouttefarde, ne me parait pas désagréable. Et puis, nous dit-il, il « connaît bien les aspects sécurité et défense, ce qui est important dans une ville comme Evreux» . En ce qui me concerne, Je n’ai pas bien compris en quoi était essentielle cette qualité, sauf à vouloir lancer un clin d’œil appuyé aux personnels de la base 105. A moins que monsieur Gouttefarde n’ait imaginé quelque obscure particularité ébroïcienne en voyant le Maire d’Evreux qui, depuis quelques temps,  se fait accompagner volontiers par un ou deux costauds à l’oreillette apparente façon barbouze.

 Pour le reste, il nous explique qu’il veut « en finir « avec les zones blanches en matière de téléphonie mobile et d’internet dans le sud du département » Ce sera l’une de ses premières mesures déclare-t-il au journaliste qui mène l’interview. Même s’Il ne s’agit, dans le Paris Normandie de mercredi, que d’un portrait éclair, je m’étonne de ce que cette question des zones blanches de la téléphonie et d’internet soit la première qui vienne à l’esprit de monsieur Gouttefarde, d’autant que le schéma départemental du très haut débit qu’avait lancé Jean Louis Destans est en cours de déploiement, enfin je l’espère.

Il y a bien d’autres « zones blanches » en effet qui préoccupent nos concitoyens et qui doivent interpeller le législateur. Je me demande si monsieur Gouttefarde ne les mentionne pas lors de l’interview parce qu’ils les juge secondaires ou parce qu’il ne les a pas vues.

C’est par exemple la question des « zones blanches » médicales, dans un département où les indicateurs de santé sont alarmants. Il y a des efforts faits localement. Quand nous étions aux affaires dans le département, nous avons accompagné la création de sept maisons médicales si ma mémoire est bonne. Mais  le débat, sur le numérus clausus entre autres, ou sur les incitations à l’installation de médecins en zones difficiles, sur d’éventuelles limites posées à la liberté même d’installation, sur un ancrage local provisoire de la médecine de ville dans le réseau des hôpitaux là où il le faut, tous ces débats ne peuvent être que nationaux,  même si l’expérimentation peut être locale.

Ce sont aussi les « zones blanches » des services publics de façon plus générale, voire des services tout court ! Ce n’est pas pour faire joli qu’il faut des services dans nos communes et nos quartiers. La politique de maintien à domicile de nos anciens par exemple en dépend, mais aussi plus largement cette fameuse mixité sociale à laquelle tout le monde dit travailler mais que nombre de décisions de gestion, dont on n’a peut-être pas pris le temps de mesurer les effets pervers, grignotent chaque jour.

Finalement, quand je regarde monsieur Lemaire qu’ont prématurément vieilli  toutes ses contorsions politiques depuis qu’il nous est arrivé tout timide sur le marché d’Evreux, traînant un cabas vert à roulettes, (les anciens s’en souviendront), et monsieur Gouttefarde qui débarque , lui, sans cabas, mais bien décidé à faire en sorte que son téléphone portable vive mieux, je ne vois vraiment pas bien quel renouveau apporte l'infanterie des  «  marcheurs » dans leur sac à dos logoté aux couleurs de monsieur Macron.  Je crains fort au contraire que la Macronie que l’on nous présente comme pays de cocagne n’en ait que l’enseigne.