PC-Front de Gauche, PS et Verts , une candidature d'union dans la deuxième circonscription de l'Eure

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 Monsieur Macron cherche la majorité absolue aux législatives et, puisqu'il ne s'est appuyé sur aucun Parti, il a besoin de continuer à fragiliser ce qui reste de la Gauche, en même temps qu’il tente d'éparpiller la Droite façon puzzle. En fait, c'est un “ni droite ni gauche” qui va se traduire, si l'on n’y prend pas garde, par un pouvoir présidentiel absolu d’une nature inédite et qui pourrait d’ailleurs évoquer le bonapartisme bien plus que le gaullisme.

Mais au fond, monsieur Macron n’est ni le Général Bonaparte, ni le Général de Gaulle. Il est monsieur Macron, un énarque surdoué, entouré d’énarques presque aussi doués, et de ministres ligotés, s’agissant en tout cas des transfuges des deux principales formations politiques du pays.  Regardons par exemple la posture de Monsieur Le Maire, candidat de droite qui, dans le département s’est organisé une petite baronnie et qui, tenté à présent par un ministère auprès de monsieur Macron va combattre les candidats de droite qu’il a lui-même désignés. Si l’on donne à monsieur Macron, lors de l’élection legislative, une majorité absolue de redevables qui lui seront fidèles,  il sera en mesure de gérer avec ses collaborateurs, “ l’entreprise France” comme savent le faire les énarques, avec rigueur et sans passion… Mais en oubliant que la France n’est pas une entreprise et que la Politique n’est pas seulement une affaire de gestion, loin de là.

Il est besoin d’autres sensibilités à l’Assemblée Nationale, et particulièrement des élus de Gauche qui sauront rappeler fortement, à chaque fois qu’il le faudra, qu’au delà des dépenses et des recettes, il y a des femmes et des hommes et qu’il ne peut y avoir d’unité nationale, puisque c’est ce dont on entend parler en ces temps d’élection, sans solidarités. Solidarité entre les Français, entre les générations, mais aussi solidarité entre les territoires, entre ruralité et métropoles, solidarités internationales …

Ce sera difficile d’y parvenir. L’élection présidentielle a bouleversé le paysage politique et l’on voit émerger une multitude de candidatures aux législatives. Les divisions ont empêché la gauche d’être présente au second tour de la présidentielle et elles risquent fort de l’empêcher d’être présente à l’Assemblée Nationale. J’entendais ce matin sur le marché d’Evreux un “insoumis” me dire que si l’alliance entre la France Insoumise et le Parti Communiste avait été rompue, c’était bien sûr la faute aux communistes. Querelles de cour d’école alors qu’il s’agit de l’avenir de la France et des Français.

Au bout du compte, dans la première circonscription d’Evreux, on dénombre 17 candidats aux législatives. Dans la seconde, 11 candidats. L’éparpillement des voix et le taux d’abstention que ne va pas manquer de provoquer cette carte absurde des candidatures, vont conduire à ce que le Front National soit le seul à se qualifier d’office pour le second tour dans notre département où son score aux présidentielles est déjà considérable. La question sera alors de savoir qui sera le second classé. L’éparpillement des voix de Gauche,  donne de bonnes chances à la Droite ou au candidat d’En Marche qui bénéficiera de la dynamique présidentielle… Et lorsqu’on voit le premier gouvernement qu’a nommé monsieur Macron, on peut légitimement se demander si ce n’est pas du pareil au même.

Il faut redonner l’envie à nos électeurs de retrouver les urnes pour un autre choix que celui qui consisterait à designer un Bruno Le Maire nouveau leader d’En Marche plutôt qu’un Bruno Le Maire ex leader des Républicains. Ce n’est pas en continuant de nous quereller que nous y parviendrons. C’est au contraire en réengageant un dialogue apaisé, sans renoncer pour autant chacun à ce que nous sommes.  C’est en unissant nos efforts pour reconstruire une Gauche dont on puisse être fiers. Cela ne se fera pas en un clin d’oeil, pas même en l’espace d’une campagne legislative. Mais il faut le commencer maintenant.

Voilà pourquoi, dans la deuxième circonscription, nous avons décidé de faire front commun, Socialistes (ou Hamonistes si l’on aime les categories), communistes-Front de Gauche et Ecologistes. Nous portons ensemble la candidature de Valéry Beuriot, le maire communiste de Brionne et la mienne en tant que suppléant.

Cette amorce de reconstruction, ou de refondation, n’est bien sûr aujourd’hui qu’à l’échelle d’une circonscription et je le regrette. Mais c’est une expérience enthousiasmante et qui, je l’espère, sera féconde. Quelques personnes que je rencontrais ce matin m’ont dit comme en un cri du coeur : “Chouette, vous unissez vos efforts. Enfin ! On se demandait pour qui voter et on se demandait même si on irait”. J’espère que notre démarche va amplifier ce cri et que dans la circonscription, le peuple de Gauche retrouvera le plaisir du chemin des urnes.