Emmanuel, Philippe, François, Bruno et les autres

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 Nouvelles pratiques, nouveau gouvernement !

Monsieur Macron a bien du talent pour la pêche aux compétences. J’avoue quelques a priori favorables pour monsieur Hulot, ou madame Nyssen, ou encore madame Buzyn et quelques autres. J’imagine d’ailleurs qu’une partie des Macronistes de la première heure, ceux qui, issus de la Gauche, le sont devenus pour éviter un second tour Fillon/Le Pen, fixeront l’image de ces quelques personnalités, sans oser en détourner le regard, pour ne pas voir « le côté obscur de la Marche».

Vieilles pratiques, recyclages au gouvernement !

Quand je vois en revanche les photos de François Bayrou, de Bruno Lemaire ou de Gérard Collomb, elles ne me m’inspirent pas vraiment le renouvellement.

Et puis tout de même… Avec un premier ministre clairement de droite, un ministre de l’économie clairement de droite, même si propulsé par Debré, passant de Villepin à Sarkozy, puis à Fillon avant de rejoindre Macron, je doute que monsieur Le Maire soit très clair à droite, un ministre de l’action et des comptes publics tout aussi à droite, l’orientation du gouvernement ressemble fort à un « ni gauche, ni gauche ».

Chacun sait en effet, au fond, que les ministres, quels que soient leurs talents, sont cadrés par le Premier d’entre eux et par Bercy et donc, par monsieur Philippe et monsieur Le Maire. Je gage d’ailleurs qu’il y aura assez rapidement quelques défections parmi les personnalités de la société civile.

Vieilles pratiques et cuisine électorale.

J’entends des commentateurs saluer le génie du Président de la République qui, en débauchant quelques personnalités des « républicains », pourrait bien réussir à faire exploser les partis de Droite comme il a fait exploser, avec l’aide bien involontaire (en tout cas je l’espère) de monsieur Mélenchon, les partis de Gauche. Il faut reconnaître qu’en matière de combine électorale, monsieur Macron se débrouille plutôt bien, même s’il prend le risque aujourd’hui d’offrir au Front National, dont la dynamique était pourtant en panne après la présidentielle, une session de rattrapage.

Et si l’on reconstruisait la Gauche dès maintenant.

L’union ne sera pas facile. Trop de blessures encore vives. Et pourtant !  Avons-nous vraiment le choix. Pouvons-nous laisser se dessiner une Assemblée Nationale godillot, même si le godillot demeure une référence pour qui est « En Marche » (Je n’ai pas pu résister au plaisir de ce bon mot).

Partout où c’est encore possible, il faut que les gens de Gauche se parlent, vite. Il y a suffisamment de convergences entre le propos de Benoît Hamon, Celui des communistes et des Verts pour rebâtir. Je ne parle ni du programme commun de 1974, ni de la gauche plurielle ni de … Il faudra commencer sans doute par des alliances ponctuelles, des alliances locales pour faire en sorte qu’un maximum de députés de Gauche vienne siéger au parlement. Il s’agit de sauver non pas les meubles, mais l’essentiel, cette conviction, cette volonté d’une France plus juste, d’un monde plus juste… Et toutes ces alliances, tous ces choix que nous saurons faire localement et qui nous feront à nouveau travailler ensemble engageront alors de nouvelles dynamiques.  Ensuite, il faudra reconstruire et renouer avec une politique qui ne se contente pas de la réforme pour la réforme, mais qui porte un idéal et qui le partage.

Un rêve ?

Peut-être n’est-ce qu’un rêve… Mais je me refuse, moi, à me laisser « macroniser » !

Je me refuse à cautionner et à accepter un « ni gauche ni droite » qu’on veut nous vendre comme un « gauche et droite ensemble»  alors qu’en réalité, à force d’aseptiser le discours politique et d’effacer toute vision d'un idéal du monde pour la remplacer par les images à l’américaine d’un Président que l’on couronne, on ne fasse que mettre en place une génération de gestionnaires de la France qui, faute de ligne politique claire, faute de convictions claires et partagées, ne fera qu’amplifier les déséquilibres actuels de notre société.

Réformer en effet notre pays sans savoir ou sans tenir compte de là où il veut aller, (Et je crois qu’à cet égard une analyse moins quantitative et plus qualitative des votes, et en particulier du vote Front National, nous apprendrait beaucoup) le réformer sans tenir compte d’un avenir désirable, c’est le réformer pour l’adapter au monde tel qu’il est. Et ce monde n’est pas très beau, on ne peut que le reconnaître.

Réformer de cette façon, c’est finalement continuer comme avant, en pire !