Jean Louis Destans retire sa candidature aux législatives. Qui pour le remplacer?

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Jean Louis Destans jette l’éponge et retire sa candidature aux élections législatives de juin. Il faut vraiment que le climat politique soit délétère pour qu’il en arrive -et qu’on en arrive-  là. Ce n’est certainement pas d’ailleurs la « macronisation » de l’Assemblée Nationale que va tenter le nouveau Président de la République qui arrangera celà.

Les Eurois savent bien ce que Jean Louis a su construire avec eux durant ses quatorze années de présidence du Département. Aujourd’hui, même son opposition, qui l’avait pourtant vilipendé, reconnaît la qualité de son travail. Ainsi va la vie d’un élu qui peut être « débarqué » du jour au lendemain, que ce soit juste ou pas. S’agissant de Jean Louis qui briguait un second mandat, celui où l’on est généralement le plus efficace après le brouillon que constitue parfois le premier, je trouve, moi qui croit le connaître un peu, que c’est un beau gâchis. Et je le regrette profondément.

La question qui maintenant se pose, et se pose d’urgence, est celle d’une candidature de remplacement.

 Qui pourrait se présenter, quasiment au pied levé ? Je ne sais pas, mais je me demande en revanche s’il ne vaut pas mieux, puisque le candidat légitime se retire, saisir l’opportunité de nouer une alliance qui puisse commencer à reconstruire la Gauche .

Je sais nombre de socialistes et nombre d’électeurs de gauche qui ont soutenu Benoît Hamon parce que son propos renouait avec un noyau de valeurs qui, il faut bien le reconnaître, s’étaient diluées parfois dans des impératifs de gestion jusqu’à en perdre toute visibilité. Beaucoup ont fini par choisir Mélenchon, parfois dans la dernière ligne droite, parfois même sans adhérer vraiment à son propos, mais en espérant éviter ainsi d’être contraints de voter Macron au second tour.

On connaît la suite.

A présent que monsieur Macron est élu par tous ceux qui ne voulaient pas de madame Le Pen, nombre de nos concitoyens sont désemparés et voient avec effarement les grandes manœuvres de « En Marche » qui désigne depuis Paris, dans un grand mouvement centralisateur, les candidats de toutes les circonscriptions, et qui n’hésite pas à parachuter ici ou là quelques personnalités. L’atterrissage manqué sur les terres bretonnes d’un camarade de promotion de monsieur Macron à l’ENA a, par exemple, quelque peu fait jaser.

En fait de renouvellement de la vie et du personnel politique, ce que nous promet la « macronisation » des institutions si on la laisse aller, c’est d’abord une Assemblée Nationale plus godillot que jamais et, en corollaire, un régime encore plus présidentiel, où les vrais décideurs seront non pas les politiques, non pas les élus du peuple, mais un quarteron de technocrates qui entoureront le Président.

Pour contrebalancer ce risque, qui viderait la Représentation Nationale de sa substance, il faut que la Gauche soit présente et qu’elle soit active. Elle a besoin pour cela que les Français acceptent de lui faire confiance, à présent que les évènements récents ont commencé de la décanter, et qu’ils lui donnent un maximum de députés.

Ce ne sera pas facile. Ce sera même totalement impossible si elle ne se montre pas d’abord capable de s’unir. Comment pourrait-elle en effet, si elle ne fait pas front commun, dénoncer et surtout limiter le risque que fera courir aux Français, et particulièrement à ceux qui sont contraints de choisir en permanence entre le nécessaire et le nécessaire, la gestion technocratique et libérale qui s’annonce ?

Que le député sortant ne se représente pas, et qu’il n’y ait donc plus dans l’instant de candidat socialiste investi dans la deuxième circonscription de l’Eure, constitue finalement pour la Gauche une opportunité de se réunir. Je sais d’ailleurs que dans les instances locales du Parti Socialiste, on s’en préoccupe.

Il y a urgence. 

Il faut que les socialistes parlent avec les instances du Parti Communiste et avec son candidat, Valéry Beuriot, le maire de Brionne. Il faut les convaincre de proposer aux militants des deux partis de soutenir et de se battre ensemble pour un « ticket » commun où  Valéry Beuriot sera titulaire et un ou une socialiste suppléant. Il ne s’agit pas d’inféoder un parti à l’autre, loin de là. C'est juste que le candidat socialiste s’est retiré quand le communiste est resté. Je gage qu’il y a, au fond, suffisamment de convergences entre ceux qui ont soutenu Benoît Hamon et ceux qui se recommandent du Parti Communiste pour qu’ils puissent bâtir un discours commun.

Voilà qui constituerait, me semble-t-il un signal fort, jusqu’au-delà de la circonscription.  Voilà qui donnerait peut-être à quelques-uns de nos concitoyens, aujourd’hui désemparés, l’envie de retrouver le chemin des urnes et, pourquoi pas, celle d’élire un député de Gauche dans notre circonscription.

Je le dis à tous mes amis de Gauche, oublions les vieilles égratignures et les vieilles blessures. Rassemblons-nous, il est encore temps !  C'est autre chose que des querelles que les Français attendent de nous.