Présidentielles, présidentielles !

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Nouveau sondage ce matin, en attendant ceux de demain, puis d’après- demain.

Encore huit semaines d’une campagne présidentielle qui, plus encore que lors des les élections précédentes et moins, je le crains, que pour les prochaines, est commentée comme on commente une course de chevaux. Mais il s'agirait alors d'une course où tous les coups seraient permis entre les concurrents et où le public aurait le droit de déverser toutes sortes d’objets et d'immondices sur la piste.

C'est une campagne indigne… Aussi indigne que la campagne de Trump outre atlantique. C’est une campagne où les affaires et les petits arrangements sont mis en exergue au détriment des argumentaires.

L’un (ou l’une d’ailleurs) promet monts et merveilles et conte à qui veut l’entendre (et ils sont de plus en plus nombreux) que le monde est simple et "qu'il n'y a qu'à" , que bâtir les compromis entre toutes ces contradictions qui habitent citoyens et nations est quelque chose de facile et que « il n’y a qu’à ». ,

On met aux enchères, dans un débat d’invectives, le nombre des fonctionnaires qu’il faudra supprimer. Puis on fait semblant de découvrir la grande injustice de la taxe d’habitation. On fait des concours de "trucs" qui ne ressemblent en rien à un un programme cohérent et qui se gardent bien de préciser à quelle vision de la société ils se réfèrent.

De projet de société d'ailleurs, il n'en est point. Pas plus que de vision de l’avenir.

Seul peut-être , Benoît Hamon (Je ne parle pas de son parti politique bien écartelé aujourd’hui, je parle de l’homme) veut nous faire regarder loin devant, et sortir des profondeurs du gouffre, où d’autres auraient aimé les laisser, les grands enjeux d’une société aujourd’hui bien usée. Vieillissement, santé, robotisation, mais d’abord et surtout le sens du travail. Car au travers de ce fameux revenu universel, c’est bien du sens du travail qu’il s'agit, un travail détourné depuis bien longtemps de sa capacité à répondre aux besoins collectifs. Mais Benoît Hamon, je le crains,  parle aujourd'hui dans le désert... surtout à gauche.

Le travail, on ne craint pourtant pas aujourd’hui de le déployer sans vergogne autour du superflu, même quand le nécessaire n’est pas assuré pour tous, à commencer par le gite et le couvert. L’important pour les « Libéraux », quel que soit leur degré de libéralisme, c’est de fluidifier les circuits de l'argent et ils ne connaissent pour cela qu’une méthode,  quels que soient les déguisements qu'ils lui donneront : accorder des bonus aux actionnaires

Je ne sais pas si la grisaille de ce tableau électoral peut reprendre quelques couleurs d’ici fin avril. Pour être honnête, je crains que non.

Mais si ce n’était vraiment pas le cas et si la France ne sortait pas très vite du marais des affaires, des petits aménagements et des grandes promesses, pour regarder résolument devant et interroger ses valeurs, le président qui sera élu sera totalement disqualifié et incapable du coup d’assumer sereinement ses fonctions… Quelles conséquences faut-il en attendre ?