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Pablo Neruda ... Le collège grandit

Plebiscité !
Je n'irai pas jusque là mais tout de même !
L'information que relaye Paris-Normandie d'une hausse de l'effectif du collège Pablo Néruda mérite bien que l'on s'y attarde.
Je fais partie de ceux qui auront milité pour que le collège soit maintenu au moment où nous nous posions de sérieuses questions au Conseil Général.
Il ne fallait pas à mon sens renoncer à un équipement public de quartier, obliger les jeunes riverains du collège à partir dans d'autres établissements réputés plus "recommandables".
On ne pouvait pourtant pas non plus laisser Néruda mourir de mort lente... De moins en moins d'élèves, de moins en moins d'options, de plus en plus de stratégies d'évitement ... La spirale infernale bien connue.
J'ai recommandé à l'époque que l'on fasse un double pari ... D'abord sur une équipe d'enseignants qui y croyaient. Ensuite sur un quartier qui se transformait.
C'est important un collège.
C'est bien sûr le lieu où se conforte le socle commun des connaissances. Mais c'est aussi un lieu, un carrefour où se construit la citoyenneté. Que cette mission là lui soit ou pas réglementairement attribuée, elle n'en est pas moins évidente puisque le collège est le lieu de vie commun de toute une génération et puisque , dans un quartier multiculturel, il constitue le "melting pot" principal.
A ces deux titres, celui de l'instruction et celui de la construction d'une citoyenneté et d'une culture enrichies dans un dialogue permanent, le collège est un lieu fécond, un lieu porteur d'avenir et il nous faut le soutenir, comme il nous faut soutenir l'Ecole d'un effort puissant.
Quelle que soit la rigueur nécessaire ou la "Rilance", néologisme ridiculement hypocrite de madame Lagarde, nous n'avons pas le droit de mégoter sur les moyens donnés à l'Ecole si nous voulons avoir quelque chance de donner un jour à nos enfants le moyen de construire un monde réel qui réponde au rêve de Pablo Néruda publié dans ses mémoires :
"Je veux vivre dans un pays où il n'y a pas d'excommuniés.
Je veux vivre dans un monde où les êtres seront seulement humains, sans autres titres que celui-ci, sans être obsédés par une règle, par un mot, par une étiquette.
Je veux qu'on puisse entrer dans toutes les églises, dans toutes les imprimeries.
Je veux qu'on n'attende plus jamais personne à la porte d'un hôtel de ville pour l'arrêter, pour l'expulser.
/.../"
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