Les papillons bleus n'ont point d'ailes... Post scriptum

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 Paris-Normandie rapporte les réactions de collègues élus à propos de « l’affaire Sylvie Prévost » que j’évoquais dans un précédent billet. L’un explique « qu’il n’y a pas à avoir de tolérance sur l’occupation du domaine public »… « C’est son garage, ajoute-t-il, mais ce n’est pas sa route », l’autre affirme que « la réglementation a repris ses droits » et qu’elle met fin ainsi aux « privilèges ».

Diable… La fin des privilèges, voilà qui vous a un petit air de Carmagnole.

Mais rappelons les faits

Le carrosse de Cendrillon, ou la fermeture du collège Néruda

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Quand je lis dans le journal La Dépêche les propos pour le moins discutables du maire de la commune du Val David dont les enfants seront désormais sectorisés au collège Henri Dunant d’Evreux, je me dis que son sentiment est sans doute plus partagé qu’on ne le croit, même s’il l’est dans un silence un peu hypocrite. 

Madame Lemeilleur évoque en effet « l’incompatibilité des populations », et le risque que les enfants de sa commune ne « rétrogradent » en étant mêlés à la population d’un quartier où on ne partage pas les mêmes valeurs.

Il me revient, à la lire, cette anecdote que j’ai déjà contée ici. J’étais jeune Inspecteur de l’Education Nationale et je recevais une maman de Guichainville. Elle insistait pour que son fils bénéficie d’une dérogation et n’aille pas au collège Pablo Néruda qui était pourtant le collège de son secteur scolaire. « Vous comprenez, argumentait-elle, nous habitons un pavillon et Pablo Néruda est destiné à ceux qui habitent dans les immeubles ».

Je crains, qu’en fermant le collège Pablo Néruda au nom de la mixité sociale, et en dispersant les élèves de La Madeleine dans différents collèges de la ville, le Conseil Départemental n’ait pas vraiment mesuré les conséquences ni les risques de sa décision… Il se comporte finalement comme un apprenti pompier qui, pour éteindre une allumette, inonderait toute la maison.

N'oublions pas que "dans le ciel les papillons bleus n'ont point d'ailes"

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 Trois petits papillons, c'est charmant et plein de poésie … sauf quand ils sont verts et qu'à quelques jours d'intervalle ils se posent l'un après l'autre sur votre pare-brise, coincés sous un balai d'essuie-glace. La poésie laisse alors place à une contrariété d’autant plus forte que ces papillons se sont posés sur votre pare-brise alors que vous avez posé, vous, votre automobile face au bateau qui marque l’entrée de votre garage.

Cette mésaventure est arrivée à un couple d’Ebroïciens résidant au centre-ville et qui a naïvement commencé par croire qu’il s’agissait d’une erreur.

Coup de blues en abstention majeure

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 J’avoue que je m’étais trompé, il y a quelques semaines, lorsque je pensais que monsieur Macron peinerait à trouver une majorité à l’Assemblée Nationale. Avec 308 élus, auxquels il faut ajouter les 42 du Modem, le président de la République dispose au contraire d’une majorité plus que confortable, bien au-delà de la majorité absolue.

Dont acte.

Cela dit, la majorité véritable, si l’on quitte le cocon de l’Assemblée Nationale, c’est celle des Français qui ne se sont pas retrouvés dans le jeu de chamboule-tout de monsieur Macron, pas plus qu’ils ne se retrouvaient dans les petites manœuvres de la petite politique.

La France se résigne ... Jusque quand ?

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 Le raz de marée Macron est incontestable.

J’écrivais dans mon dernier billet que « Demain, peut-être (on découvrirait) avec enthousiasme les candidats élus d’ En Marche rangés par deux et en uniforme, chantant en chœur la même chanson dont, couplets et refrain seront fixés par ordonnances. » Nous y sommes… Enfin nous y serons à partir de dimanche prochain. Les partis traditionnels, usés par les revirements, les divisions, les échecs et les affaires, sont balayés et monsieur Macron peut d’ores et déjà compter sur une écrasante majorité à l’Assemblée Nationale. DE 400 à 450 députés nous dit-on. Sur 577, cela laisse bien peu de place à la contestation.

Qui donc a dit que les Français en avaient assez de la pensée unique ?

De ce ballet politique, ils n’auront guère choisi que les danseurs costumés, anonymes sous leur masque de Macron, de Le Pen ou de Mélenchon pour ne faire, dans nombre de circonscriptions qu’une réplique de la présidentielle. Plutôt que de voir les ordonnances qui, pour « libérer le travail » enchaîneront les travailleurs dans la précarité, ou la pérennisation de l’état d’urgence, ils ont préféré regarder le Président Macron figé comme une icône sur les affiches de ses candidats.

Dont acte.

L'accord du participe passé révélé au candidat d'En Marche

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 « Que le premier qui n’a jamais hésité sur un accord de participe passé lui jette la première pierre ! »

C’est ce qui m’est venu en tête d’abord quand, extirpant d’un paquet de publicités  diverses la circulaire du candidat de « En Marche »,  j’y ai trouvé cette énormité … « Si je suis élue…etc  », nous dit-il dans le dernier paragraphe.  Ah cet accord au féminin pour le jeune Fabien !

A la réflexion pourtant, je crains que cette faute d’accord n’ait finalement un sens, et peut-être même un sens assez terrifiant.

Ou bien en effet le candidat d’Emmanuel Macron (c’est ainsi qu’est rédigée la légende de la photo) est tellement certain d’être élu qu’il a déjà choisi une collaboratrice pour écrire à sa place. C’est tout de même peu probable.

Ou bien, et il y a quelques indices qui vont en ce sens, sa lettre circulaire est une lettre type , rédigée sous le contrôle des chefs de «  La République en Marche », et rédigée par une dame, ce qui expliquerait le « si je suis élue » avec un E final à élu.

Il mercato, ou la parade des marionnettes

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 « - Mais madame, la candidature de monsieur Le Maire est une escroquerie, lui dis-je en regardant le tract qu’elle me tend.

-          - Pourquoi, me demande-t-elle ?

-          - Parce que s’il est l’heureux élu du scrutin, il restera ministre et c’est Madame … Gipson, sa suppléante qui sera députée. On croit voter Le Maire et on vote Gipson … Une candidate très honorable sans doute, mais dont personne ne sait rien !

-          - Oui, me répond-elle embêtée. C’est vrai, mais il l’aidera en coulisses et ce sera comme si c’était lui le député.

-          - Vous êtes bien plus dure que moi madame. Je ne fais que dire que nul ne connaît madame Gipson et vous me dites, vous, qu’elle n’est qu’une marionnette dont monsieur Le Maire tirera les ficelles »

Authentique débat sur le marché du centre-ville ce matin où la chaîne parlementaire, le nouvel obs, et d’autres sans doute couvraient la « campagne » de monsieur Le Maire  qui n’a même plus besoin  d’en faire tant les médias parlent de lui.

Mais les législatives cette année ne sont-elles pas finalement un immense théâtre, plus encore que d’ordinaire ?

Qui est ce candidat mystère - Petite devinette à l'attention des Ebroïciens

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 Elu député, il prendra, nous dit-il, cinq engagements qu'il rédige de façon à ne pas trop se fâcher avec monsieur Macron. Il ne se prononce pas par exemple sur la réforme du code du travail par ordonnances. Il se contente de dire qu’il sera vigilant … Il reste prudent. Qui sait, dans sa volonté d’ouverture, peut-être monsieur Macron aura-t-il besoin d’un ministre vigilant et ...

Vous ne devinez pas de qui il s'agit. Alors je vous aide encore un peu.

« Rassemblée, la Gauche peut gagner, écrit-il »… Mais sa première phrase précise qu’il s’agit de « SA Gauche »… Sinon on ne comprendrait pas sa candidature solitaire à un moment où il savait pourtant parfaitement bien les discussions entre gens de Gauche pour parvenir à un accord... et à une candidature presque unique dans la deuxième circonscription de l'Eure.

Vous n’avez toujours pas deviné de qui il s'agit ? Alors je vous donne un indice supplémentaire, comme le fait volontiers dans son spécial jeunes du mercredi, l’animateur du jeu des mille euros.

Les marcheurs candidats ou la drôle d'infanterie de monsieur Macron.

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  « Un Patchwork de marcheurs », Paris-Normandie dresse sous ce titre un rapide portrait des candidats de « En Marche »

A côté des vieux de la vieille qui ont déjà parcouru quelques cases du jeu de l’oie politique comme les deux Bruno, le grand et le petit, Bruno Le Maire et Bruno Questel, ce sont des nouveaux ou des presque nouveaux qui vont tenter de se faire élire en surfant sur la dynamique Macron. Cette dynamique sera-t-elle assez puissante pour que, comme on le disait autrefois, même un âne qui se mettrait « En Marche » soit élu ? Nul ne peut encore le prévoir…

En bon Ebroïcien je me suis d’abord intéressé aux candidats des deux circonscriptions qui concernent ma ville. Ils sont très différents l’un de l’autre.

 Il y a d’abord Bruno Le Maire, « En Marche » après que monsieur De Villepin lui ait fait faire ses premiers pas et que monsieur Debré lui ait tenu la main pour qu’il ne tombe pas. Il a vite appris et s’est mis à courir ensuite vers monsieur Sarkozy qui lui tendait les bras. Il s’est même imaginé plus rapide que lui, plus jeune plus neuf et il a prétendu le doubler. Il a trébuché et tenté de reprendre son équilibre sur l’épaule de monsieur Fillon. Il lui a fallu se calmer depuis, passant de la petite foulée à une marche prudente au côté de monsieur Macron.

PC-Front de Gauche, PS et Verts , une candidature d'union dans la deuxième circonscription de l'Eure

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 Monsieur Macron cherche la majorité absolue aux législatives et, puisqu'il ne s'est appuyé sur aucun Parti, il a besoin de continuer à fragiliser ce qui reste de la Gauche, en même temps qu’il tente d'éparpiller la Droite façon puzzle. En fait, c'est un “ni droite ni gauche” qui va se traduire, si l'on n’y prend pas garde, par un pouvoir présidentiel absolu d’une nature inédite et qui pourrait d’ailleurs évoquer le bonapartisme bien plus que le gaullisme.

Mais au fond, monsieur Macron n’est ni le Général Bonaparte, ni le Général de Gaulle. Il est monsieur Macron, un énarque surdoué, entouré d’énarques presque aussi doués, et de ministres ligotés, s’agissant en tout cas des transfuges des deux principales formations politiques du pays.  Regardons par exemple la posture de Monsieur Le Maire, candidat de droite qui, dans le département s’est organisé une petite baronnie et qui, tenté à présent par un ministère auprès de monsieur Macron va combattre les candidats de droite qu’il a lui-même désignés. Si l’on donne à monsieur Macron, lors de l’élection legislative, une majorité absolue de redevables qui lui seront fidèles,  il sera en mesure de gérer avec ses collaborateurs, “ l’entreprise France” comme savent le faire les énarques, avec rigueur et sans passion… Mais en oubliant que la France n’est pas une entreprise et que la Politique n’est pas seulement une affaire de gestion, loin de là.

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